"La société a autant besoin du théâtre que de ses autres institutions ‑ ses prisons, ses universités, ses parlements, etc. Mais de même qu'une société démocratique suppose à tort que tous ses membres ‑ et non la seule classe dirigeante ‑détiennent le pouvoir, de même suppose‑t‑elle à tort que, lorsque la société envoie des représentants au théâtre, c'est la communauté qu'elle y envoie. Une société injuste ne se contente pas de manipuler la force, travestissant la violence en « respect de l'ordre », elle manipule l'ensemble de la culture. Tout comme elle envoie généralement en prison et au parlement ceux qui n'ont rien à y faire, elle envoie généralement au théâtre ceux qui n'ont rien à y faire. Les autres, elle les destine à ce théâtre momifié que sont le plus souvent le cinéma et la télévision ‑ et l'activité frénétique dont ils font preuve est le signe de leur état moribond : traiter un squelette à coups d'électrochocs ne lui rend pas ne lui rend pas la vie."
In
«
commentaires sur les pièces de guerre et le
paradoxe de la paix »
Edward
Bond
La voix, le texte, le sens.
Le texte d'Edward Bond "La furie des nantis " tout
comme tous les grands textes de théâtre réclame une attention particulière. Il
doit s'entendre comme un long poème. Désespéré, comme une couleur
particulière au sein d'un tableau, comme le témoignage qui sous-tend la
tragédie du siècle écoulé. Dans le traitement du texte
d'Edward Bond nous avons accordé une grande place à la clarté des voix, à leur musicalité. Nous avons travaillé comme pour
un texte chanté la rythmique et la tonalité, la voix, le son comme instrument
de l'émotion et du sens. Nous avons travaillé comme pour
un texte chanté la rythmique et la tonalité, la voix, le son comme instrument
de l'émotion et du sens.