MERE COURAGE ET SES ENFANTS 

Bertolt Brecht


Une pièce de Guerre

La Tarlatane et Trouble Théâtre

Ensemble pour un théâtre populaire




            « L'avenir de l'humanité n'a d'intérêt que vu d'en bas » B. Brecht


Au-delà du thème de la guerre, la piéce de Brecht "Mère Courage et ses enfants  traite des rapports sociaux, et de l'attitudes et de comportements individuels dans un état exceptionnel, la guerre.

Anna Fierling, la Mère Courage, n'est pas favorable à la guerre, mais  elle est obligée de vivre dans cette réalité . Elle s’arrange donc en bonne commerçante et adapte sa vie à cette réalité. Elle vit de son métier qui est de tirer des profits (profiter), faire des affaires.
        Elle met tout en œuvre afin de préserver au maximum le monde dans lequel elle vit, son microcosme; monde de l'individualiste et de l'opportunisme, monde ou l'on s’accommode des évènements si extrêmes soient-ils. La survie semble être à ce prix.
            Les idéologies et l’héroïsme sont, aux yeux de Mère Courage, l’apanage des puissants, de ceux qui font et défont les empires, de ceux qui entretiennent les révolutions. Le principe de vie pour le peuple, et donc pour elle, est de continuer à vivre coûte que coûte, l’héroïsme ne servant qu’à masquer l’horreur et la monstruosité de la guerre.

Quelle belle image que de voir un homme seul arrêter un char d'assaut sur la place Thien An Men, image si belle qu'elle masquerait presque la monstruosité d’une réalité : celle des chars avançant dans la cité.


                                                                Catherine la muette
                   
                                           

« Malheureux les pays qui ont besoin de héros » B. Brecht

                

                                      Eilif, le capitaine, l'Aumonier
 


    Mère Courage est sans cesse partagée entre deux fonctions, son rôle de commerçante et son rôle de mère. Elle vit dans un paradoxe permanent, paradoxe que la société dite « libérale », « capitaliste » dirait Karl Marx, impose à chacun d'entre nous, même, et surtout peut-être, au plus pauvre, par l’intermédiaire de son idéologie (politique) et de sa morale (religieuse).

    Le texte de Mère Courage nous interroge sur notre capacité à nous indigner, à nous révolter, à nous opposer. A partir de quel moment sommes-nous capables d’ouvrir les yeux et d’éloigner de nous ce qui les voile ? A partir de quel quota d’ignominies sommes-nous capables de dire non et de nous opposer ?

    A quel moment serons-nous capables, comme Catherine, la fille muette de Mère Courage, de sonner le tambour de la révolte ?

          Petite Suisse                                         Mère Courage                                               Mère Courage , Eilif

                                 

La décision des deux compagnies de présenter  Mère Courage et ses enfants  est :

- Un choix théâtral : 

    Parceque "Mère Courage est l' oeuvre emblématique d'un grand ecrivain B.Brecht

     « Une oeuvre d’art est pareille à une machine qui ne se trouve jamais être dépassée, car elle modifie ce qu'elle produit. Elle le fait en modifiant la relation qu'elle a avec ses consommateurs. Elle est pareille à une machine qui apprend de nouvelles langues. »

E.Bond Commentaires sur les pièces de guerre.

                     Mère Courage,  le Cuisinier                                                                         l'Aumonier

                            


- Un choix politique : 

    le 20ème siècle fut le plus sanglant de toute l’Histoire de l’humanité, avec deux guerres mondiales, les guerres de Corée, d’Indochine, du Vietnam, celles plus récentes de Serbie, d’Afghanistan de Tchétchènie, d’Irak… avec leurs atrocités et leurs génocides.
    C’est pour cette raison qu’il faut parler des guerres et de leurs mécanismes ; la pièce de B. Brecht nous en donne le moyen. Nous ne pleurerons pas sur les héros morts à la guerre comme le font encore les gouvernements et beaucoup de nos contemporains, mais nous poserons cette simple question :   
    « Jusqu'où sommes nous prêts à faire des concessions pour continuer de vivre en aveugles.»
    En essayant de prendre la mesure du texte de B. Brecht, nous nous sommes appliquer à présenter la guerre sous son véritable jour ou plutôt dans sa véritable noirceur.

Mère Courage 

    « Je dis seulement que votre colère n'est pas assez grande, qu'elle n'est bonne à rien. Dommage ! Si votre colère était durable, je verserais de l'huile sur le feu. Je dirais : allez-y, abattez-le, c'est une crapule.... »

                                      Petit Suisse

                                 

LA THEATRALISATION, UN DES FONDEMENTS DU THEATRE POPULAIRE


    « Depuis l’origine, le théâtre a existé pour distraire, exalter, éveiller à la vie de l’esprit et du cœur des hommes et des femmes rassemblés, de toutes conditions sociales et dans les lieux les plus divers. »

Jean Dasté Le théâtre et le risque



CHOIX DE MISE EN SCENE

        Les écrits théoriques de Brecht ont fondés pour une part la base, l’outil de notre réflexion, en les forgeant à notre mesure et à la mesure de notre temps.
En 1949, Brecht déclarait dans ses entretiens avec Friedrich Wolf :

« Quels moyens artistiques faut-il choisir ? doit être l’unique question. Comment pouvons-nous rendre notre public socialement plus actif (le mettre en branle) ? Tous les moyens artistiques concevables qui y aideront, qu'ils soient anciens ou nouveaux, nous devrons les mettre à l'épreuve dans ce but. »

   
    Nous avons accentué la forme très théâtralisée que donne Brecht à tout son théâtre.
    Tout comme Brecht utilisant une parabole, en l'occurrence celle de la Guerre de Trente ans au 17e siècle, pour planter le décor de Mère Courage, nous nous sommes servis de la « distanciation », de la mise à distance du spectateur pour, non pas faire «pleurer dans les chaumières », comme le font si bien les journaux télévisés, mais pour apporter à chacun un pavé ou deux dans le jardin de la réflexion et de la prise de conscience.  
                                                                                                          le Cuisinier; Mère courage

                     

    Pour cela, nous avons utilisé toute une palette de moyens théâtraux qui vont du maquillage non réaliste, laissant apparaître la matière, à l’utilisation du masque. 
    Les « masquillages », en éloignant le spectateur de toute image réaliste, l’empêchent de s’identifier à un personnage quel qu’il soit, l’identification étant la première étape de la sujétion c’est-à-dire de la domination des cerveaux. Ces moyens ont pour fonction de libérer l’acteur, de lui permettre d’utiliser toute sa sensibilité, sans se soucier d’un quelconque didactisme.Dans cette même logique, tous les comédiens sont visibles à tout moment et les étapes de préparation des scènes sont mises en évidence. Rien n'est caché, les subterfuges et effets théâtraux éliminés, pour mettre en avant la « machinerie théâtrale ».

« Le propos de Brecht est dirigé vers le spectateur, qui ne doit pas simplement s'abandonner en confiance au déroulement des évènements, mais en recevoir interrogation et se sentir poussé à y fournir réponse. »

Paul Rilla (dramaturge, contemporain de Brecht)

    

                                      Mère Courage                                                                         Yvette

                   

 LE CHANT DES VA-T-EN-GUERRE

Une des caractéristiques essentielles du théâtre de Brecht est l’introduction de chansons (songs) dans chaque tableau Les « songs » sont interprétés sur les mélodies d’origine de Paul Desau. L’orchestration est polyphonique et à capella et l’interprétation en est faite  par les comédiens sur le plateau.


Si pour la guerre tu ne te sens pas la force

On vaincra sans toi, mon garçon,

La guerre, c'est fait pour le commerce.

Au lieu de beurre, on vend du plomb,

À quoi bon planter sa tente?

Les gens assis sont les premiers à crever.


Tous ceux qui craignent la bataille

Qui ne songent qu'à vivre en paix

Mourrons en paix, privés de gloire,

En seront ils plus avancés ?

                       
        DISTRIBUTION 

                                                    

Mise en scène :     Robert Bianchi

Avec:

Marc Badiou, cv        

Isabelle Bianchi        

Robert Bianchi

Patrice Lattanzi, cv 

Béatrice Moulin, cv

Sophie Pastrana, 

Didier pourat  cv

Maud Terillon

       

Décor :  Emmanuel Brouallier cv

Costumes : Ghislaine Ducerf cv
          
Technique
 : 
Antoine Mazel, Camille Gonzalez
     
Masques et Maquillage : Gisèle Bianchi

Administration : Corinne Badiou

 Arrangements Musicaux : Cécile Bouche