En attendant les barbares
d’après l’album jeunesse d’Olivier Talec
Création en 2026
spectacle pour enfants à partir de 6 ans
Adaptation / Mise en cène / Scénographie : Béatrice Moulin. Construction castelet et marionnettes : Philippe Grenier, Didier Pourrat Création musicale : Didier Pourrat.
Avec : Philippe Grenier, Didier Pourrat et Dan Laurian.
Administration : Patrice de Saint Jean.
Contact diffusion : Philippe Grenier.
Durée : 40 min
Jauge : 120 personnes
Production : Compagnie Trouble Théâtre.
Cie subventionnée par la ville de Saint-Étienne.
Une histoire pour grandes et petites personnes
Ces habitants là n’attendent pas Godot, non. Ils attendent Les Barbares ! Les Affreux Barbares, même !
Ils sont petits. Leurs épées sont… tout aussi petites. Leurs casques, par contre, sont démesurément grand !
On ne vous décrit pas les barbares, nOOOn ! On ne les a jamais vu…. Là, on vous décrit les habitants de la Citadelle ! Cette si belle Citadelle, si calme, aux maisons à la cheminée fumante et aux immeubles aux fenêtres éclairées.
Ils le savent ! On leur l’a dit ! Les barbares arrivent ! Aujourd’hui ! Des barbares poilus qui peuvent respirer sous l’eau et qui n’ont pas peur du noir. Ils arrivent, ENFIN ! On va pouvoir ressortir les canons, les drapeaux, les médailles ! Les dépoussiérer ! Cela fait si longtemps qu’ils n’ont pas servis.
Tic-tac… Passe le repas de midi… Tic-tac… comme c’est agaçant les barbares sont imprévisibles « on ne peut pas compter sur eux »… Tic-tac… Passe le goûter… ils se sont peut-être perdus en chemin ou peut-être se sont-ils arrêtés pour un goûter d’anniversaire ?… Tic-tac… passe le souper … certains disent que les barbares ne viendront pas… Certains disent même qu’ils n’existent pas… ?!

« Il y a un nouvel épisode d’hystérie à propos des barbares »
Fin XIXè début XXè le poète égyptien Constantin Cavafy écrit En attendant les barbares : « — Pourquoi nous être ainsi rassemblés sur la place ?
Il paraît que les barbares doivent arriver aujourd’hui. (…)
— Et pourquoi nos dignes rhéteurs ne viennent-ils pas, comme d’habitude, faire des commentaires, donner leur point de vue ?
C’est que les barbares doivent arriver aujourd’hui ;
et ils n’ont aucun goût pour les belles phrases et les discours.(…) »
traduit par Dominique Grandmont
En 1980, l’auteur Sud africain, J. M. Coetzee plante son roman En attendant les barbares dans une
« forteresse » en bordure d’un État autoritaire dénommé l’Empire, dans une époque non identifiée. L’Empire se persuade de l’invasion imminente du peuple de chasseurs-nomades installé hors de ses frontières. Il envoie ses sbires les plus sanguinaires mater cette chimérique attaque. S’en suivront expéditions punitives, tortures, toutes les exactions envisagées par un régime paranoïaque pour se protéger.
En 1992 paraissait le livre En attendant les barbares de Guy Sorman :
« La société bourgeoise, blanche et occidentale, privée de ses ennemis traditionnels à gauche et à l’Est, s’en invente de nouveaux : les immigrés de l’extérieur, les drogués de l’intérieur. Sommes-nous assiégés par ces nouveaux barbares qui vont nous imposer leurs mœurs ? La menace est-elle réelle ou imaginaire ? Qui sont les immigrés et quelles sont les politiques de l’immigration ? Qui sont les drogués, et la guerre menée contre eux est-elle nécessaire pour sauver l’ordre établi ? »
En septembre 2025, Olivier Tallec s’inspire librement du poème de Cavafy pour créer son album jeunesse En attendant les barbares
Que de sources et d’attente de barbares ! Mais qui sont-ils, ces fameux barbares ? Toujours les mêmes ? Changent-ils au gré des époques, des gouvernants ? Et pourquoi existeraient-ils ?….
Notre dernière création, MonstreS, abordait la question de la différence, et des différentes formes de rejets qu’elle peut entraîner, au travers du « témoignage onirique » d’un être dit « différent ». J’ai voulu enjamber la muraille. Donner à voir ce qui ce passe quand on a peur de l’Autre; peur qu’IL nous envahisse, nous remplace… ?!
La question est redoutable et sa réponse potentiellement moralisatrice. C’est ce qui m’a enchanté dans l’avant dernier livre d’Olivier Tallec parcequ’avec lui…ce n’est pas le cas.
À partir du poème En attendant les barbares de Constantin Cavafy, Tallec nous prend par la main pour une promenade sur les chemins de la réflexion. Le dessinateur du fameux écureuil sans nom nous a habitué à nous poser des questions … même des difficiles… celle sur la mort, par exemple, comme dans Est-ce qu’il dort ? Et ici, dans En attendant les barbares, comme dans ces autres albums, il dépasse le contenu terriblement politique de son sujet par petites touches humoristiques. Elles sont constellées, déposées là comme un clin d’œil complice aux lecteurs.


